26 janvier 2007
Tentation(s) d'ailleurs
Le recours à l'exemple de ce qui se fait à l'étranger pour argumenter en faveur d'une idée ou une mesure, est (devenu?) très fréquent chez les politiques.
Ainsi, l'exemplaire "modèle nordique" est-il brandi régulièrement par les un(e)s ou les autres pour illustrer les questions sociales et dont nous devrions nous inspirer, voire vers lequel nous serions tenu d'aller.
De même concernant l'emploi et le chômage, mais là l'exemple n'est plus nordique mais anglo-saxon.
En terme de fiscalité(s), c'est le contre-exemple qui prévaut : nulle part ailleurs on ne serait aussi taxé qu'en france.
Idem pour le temps de travail, c'est ici qu'on travaillerai le moins.
Bref, tout sujet ou presque est désormais prétexte à l'illustration par ce qui se fait ailleurs.
Sans préjuger de la pertinence des modèles évoqués, ni même de l'exactitude des comparaisons compartiment par compartiment qui sont faites, je déplore l'incomplétude du raisonnement : comparons ce qui est comparable et surtout dans la globalité et non pas seulement point par point.
Bien sur que, pris indépendemment les uns des autres, chaque compartiment de notre organisation peut trouver ailleurs une (ou plusieurs) version plus efficiente.
Cela est vrai pour le taux chômage, cela est vrai pour les exportations, cela est vrai pour la mortalité, c'est vrai également pour la balance commerciale, ...etc.
Mais qu'en est-il lorsqu'on prend en considération tous ces compartiments en même temps ? Et bien là, l'exemple isolé de son contexte perd de sa pertinence, de sa vigueur illustratrice de ce qui devrait ou ne devrait pas se faire.
Restons bien entendu au fait de ce qui se fait autour de nous, partout dans le monde, mais de grâce cessons d'illustrer tout et n'importe quoi avec l'exemple de ce qui se fait ailleurs...
25 janvier 2007
Collecte de(s) parrainage(s)
Les candidat(e)s auront donc une semaine supplémentaire pour collecter les fameuses 500 signatures qui leurs permettront de se présenter officiellement face aux suffrages.
La publication du décret de convocation des électeurs -qui déclenche l'envoi des formulaires de parrainage aux élu(e)s- se fera le 22 février (au lieu du 1er mars), la date limite de retour au conseil constitutionnel étant fixée au 16 mars.
Ce n'est donc pas la phase de collecte des promesses de parrainage qui est allongée, mais la phase de formalisation de ces promesses en parrainages effectifs.
A ce jour, il semble que seuls 5 candidat(e)s ont recueillis le nombre suffisant de promesses de parrainage pour pouvoir escompter se présenter à l'élection.
23 janvier 2007
Fiscalité(s) en chiffres
L'ISF qui fait tant parler de lui, celui qui serait en partie responsable de la fuite des "forces vives" à l'étranger, représente 3,5 milliards d'euros et concerne 350 000 foyers fiscaux (1% des contribuables).
L'IR génère 57 milliards d'euros payés par 16 millions de foyers fiscaux soit 46% des 35 millions de contribuables.
La TVA rapporte 152 milliards d'euros.
Déficit budgétaire 2006 (chiffres définitifs)
Bercy a annoncé que le déficit budgétaire pour 2006 s'élève finalement à 36,16 milliards d'euros.
Sont précisés les éléments suivants :
- Le déficit de l'état (hors collectivités locales et sécurité sociale) représente désormais un peu moins de 2% du PIB.
- Amélioration du déficit par rapport à 2005 de 7,3 milliards d'euros.
- Les dépenses de l'état 2006 ont été de 266 milliards d'euros.
- Plus-values de recettes fiscales de 10,2 milliards d'euros dont : IR : +1,1 milliard ; IS : +6,4 milliards ; TVA : +1,4 milliard ; ISF : +450 millions.
19 janvier 2007
Journée(s) des patrimoines
Suite aux déclarations d'un député -que je ne citerais pas car j'en ai oublié le nom qui n'a d'ailleurs pas grand intérêt- concernant la SCI du couple Hollande/Royal, la publication du patrimoine de la candidate du PS a initié la(les) journée(s) des patrimoines des candidat(e)s à l'élection présidentielle.
Journaux, radios, télévisions, sites internet et autres blogs se ruent sur cet étalage que d'aucuns pourraient trouver indécent : Qui paie l'ISF, et pour combien et depuis quand ? Qui ne le paie pas, et pourquoi et jusqu'à quand ?
Certains médias font même des palmarès dont la lecture m'importe peu car de fait, qui possède quoi n'a franchement pas grand intérêt.
Ce genre de choses relève à mon sens du café du commerce et pas d'un débat politique, et encore moins d'une pré-campagne présidentielle aussi vide de contenu soit-elle pour le moment.
Petit rappel concernant la publication du patrimoine des candidat(e)s :
Le patrimoine des candidat(e)s est communiqué, mais seul celui du(de la) candidat(e) élu(e) est publié au début de son mandat. A la fin du mandat, il est demandé au président de communiquer à nouveau son patrimoine, et ceci afin de vérifier qu'il n'y a pas eu d'enrichissement personnel pendant la durée du mandat.
Voilà la seule finalité!
17 janvier 2007
Les 577
Pour qui a un peu de temps à perdre, il suffit de regarder les retransmissions des débats parlementaires pour voir ce qu'est notre représentation nationale.
Lorsqu'ils sont présents, les 577 élus sont tour à tour endormis, plongés dans leurs lectures, inactifs, irrespectueux, indisciplinés, véhéments, injurieux, vindicatifs, et j'en passe. Sifflements, cris et insultes ne sont pas rares au sein de l'hémicycle.
Pourtant entre eux se discutent (se débattent devrais-je dire) parfois les orientations capitales d'une législature.
Mais l'intérêt général pèse bien peu face aux inimitiés personnelles et politiques, face aux tendances partisanes.
Ceci dit, même lorsqu'on arrive à entendre quelques bribes dans ce chahut permanent, la rituelle séance de questions/réponses a raison de l'intérêt minime qu'on pouvait de prime abord y porter.
Le mode de scrutin va bien entendu à l'encontre de la soi-disant représentativité du parlement, mais cela est d'autant plus regrettable que le(s) comportement(s) incivique(s) des 577 dans cette espace privilégié de la république n'a(ont) rien pour les réconcilier un tant soit peu avec le peuple qui les a élus.
16 janvier 2007
Le PS est-il (devenu) schizophrène ?
Trois voix (voies ?) au moins qui diffèrent sur plusieurs sujet, pas facile de comprendre s’il s’agit de petits cafouillages ou d’une sorte de stratégie de campagne, d’une habile répartition des tâches.
Le premier secrétaire, François Hollande, énonce un point du programme, celui qui a été entériné par tou(te)s, pour tester comment il sera reçu par l’opinion, par les électeurs.
On attend ensuite les réactions, les éventuelles salves, et en fonction monte au créneau un des portes parole de la candidate qui corrige le propos, le tempère, voire le rejette, mais surtout réoriente ledit propos vers la candidate, celle qui a été choisie.
Ladite candidate qui ensuite, ou dans la même temps, en dit le moins possible, ne se mouille surtout pas, se contentant de grandes orientations qui n’engagent personne et répète sans cesse qu’elle est à l’écoute et que le moment venu elle tranchera.
Au PS on planche dans le même temps bien sur à la correction/suppression de ces propositions mal perçues ou mal accueillies.
Ce qui permettra le moment venu (celui où son programme à elle deviendra public) à Ségolène Royal de dire, vous voyez je vous ai écoutés, certains points de notre programme ne vous ont pas plus, je les ai modifiés.
Bref, quoiqu’il en soit, qu’il s’agisse de malencontreux couacs et autres cafouillages ou bien d’une répartition des tâches finement étudiée, cette schizophrénie n’en rend pas moins les orientations et le message du PS et de sa candidate difficilement intelligibles.
De plus, le message, si réel message il y a, est en quelque sorte brouillé par cette nouvelle dialectique utilisée par la candidate, qui loin de clarifier le propos l’altère, le mythifie, lui ôte de l’idéologie.
Que penser d’un : « La France est en mouvement (…) ensemble nous allons gravir la montage (…) et conquérir la bravitude » ?
15 janvier 2007
Ce que j'écrivais le 21 janvier 2004...
Je me replonge parfois dans mes proses d'avant l'ère du blog et tombe parfois sur des textes qui me semblent presque encore d'actualité...
J'extraie donc du fond de tiroir ce texte du 21 janvier 2004 :
21-01-2004 : Ca va sans aller en aujourd'hui... humeur changeante... rhume persistant... froid et gouttes de pluie.
Même pas concerné par les grèves je n'ai je crois pas grand chose à en dire... si ce n'est que ces hommes et ces femmes se battent pour leurs emplois et leurs salaires, mais aussi pour la notion de service public.
Cela m'a toujours paru clair : si l'on décide que telle ou telle activité est un service public ( poste, transports, électricité ou gaz ...etc. ), et bien cette activité n'a pas a être rentable et à dégager des bénéfices car ce n'est pas sa fonction première. On nous dit alors que le problème est que ces entreprises sont déficitaires, je demande donc à voir les chiffres et les comptes. Si France Telecom est l'entreprise la plus endettée au monde, cherchons plutôt du coté de sa ( mauvaise ? ) gestion et des développements et acquisitions qu'elle a faite ( Cf. Orange ) qui sortent très largement de sa mission de service public.
Prépare-t-on la privatisation de France Telecom ? Cela y ressemble en tout cas, car l'effet recherché est de désendetter cette entreprise au plus vite et quels qu'en soient les moyens : 14 500 suppressions de postes sont annoncées en 2004 ( dont 8 800 en France ).
Au prix où chacun d'entre vous paie sa carte orange, imaginez-vous tout de même que la SNCF serait, selon certains, déficitaire dans sa simple mission de service public et qu'il faudrait donc la restructurer encore pour qu'elle reste viable : résultat 3 500 suppressions de postes supplémentaires en 2004, portant le nombre total pour cette année à 7 400 ( pour la plupart des départs naturels en retraite et pré-retraite est-il dit ).
A EDF-GDF les dés sont déjà jetés puisque le mot de privatisation a déjà été prononcé et que c'est contre cela que les syndicats se mobilisent.
Passé un peu inaperçu et quasiment pas commenté, le rapport sur la simplification du code du travail remis la semaine dernière au ministre de tutelle évoque l'idée de créer un contrat intermédiaire entre le CDD ( limité dans le temps et reconductible deux fois seulement ) et le CDI : le contrat de mission. Une sorte de super CDD qui serait lié à une mission de plusieurs années ( de 3 à 5 ans ). Pour en savoir plus.
Je me souviens d'avoir vu évoquée cette idée de contrat de mission dans un rapport du commissariat au plan ( paru en 1995 ou 1996 je ne me souviens plus ) qui projetait le marché de l'emploi à un horizon de 20 ans. C'est promis je cherche mes sources et les communique rapidement.
Pouvoir d'achat(s) / Nicolas Sarkozy
Nicolas Sarkozy se présente comme "le candidat de l'augmentation du pouvoir d'achat"... de ceux qui travaillent plus.
Voilà ce que dit le candidat de l'UMP concernant le pouvoir d'achat :
"le pouvoir d'achat est trop faible car les salaires sont trop bas et les charges trop lourdes". Nicolas Sarkozy veut "être le Président de l'augmentation du pouvoir d'achat. (...) celui qui (...) garantit que si vous travaillez plus, si vous prenez plus de risque, si vous vous engagez plus, vous gagnerez davantage".
Ainsi il veut "l'exonération de charges sociales et de l'impôt sur le revenu pour les heures supplémentaires pour qu'enfin on comprenne en France que le travail est une émancipation, que c'est le chômage qui est une aliénation."
(source : Discours de Nicolas Sarkozy au Congrès de l’UMP).
Outre le fait qu'il n'évoque que le pouvoir d'achat de ceux qui travaillent (les autres n'existent-ils pas dans la planète UMP?), il ne propose d'augmenter que celui de ceux qui sont prêts à travailler plus.
Posture classique (simpliste!) de ce coté de l'échiquier que de valoriser l'effort et le travail en l'opposant à "l'assistanat généralisé".
Candidat de l'UMP (Suite)
Nicolas Sarkozy a donc été sans surprise désigné candidat de l'UMP à la présidentielle.
Premier chiffre auquel s'intéresser, celui de la participation au vote des adhérent(e)s/militant(e)s : 69,1% (soit 233 940 personnes sur les 338 554 membres de l'UMP) ont voté dont 98,1% (229 303) ont exprimé leur suffrage en faveur du seul candidat.
Ce sont donc bien 67,7% des adhérent(e)s/militant(e)s -et pas 98,1% comme on peu lire ou entendre sur certains médias- qui ont désignés Nicolas Sarkozy pour être leur candidat.
Peut-on parler de plébiscite lorsque près de 32% des adhérent(e)s/militant(e)s n'ont pas fait le choix du candidat "naturel" de leur famille politique ?
Le discours qui a suivi l'annonce du résultat est largement repris et commenté ailleurs, et je n'ai personnellement pas grand chose à en dire si ce n'est qu'il était résolument ancré à droite (pas une grosse surprise ma foi).
Le meilleur moyen de se faire une idée étant d'aller à la source, le texte est accessible sur le site de l'UMP.
Le site de campagne du candidat a été mis en ligne dans la foulée de ce congrès, avec un décompte à la milliseconde près du temps restant jusqu'au premier tour.
Le candidat a également réaffirmé pouvoir sans aucun problème conserver la double casquette de ministre de l'intérieur et de candidat à l'élection présidentielle.