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Soyons des citoyens responsables

07 mars 2007

Fiasco chez Airbus : Power 8 Vs Poors 10 000

Airbus

J'essaie de comprendre ce qui se passe exactement chez Airbus, j'essaie de comprendre pourquoi une société dont les carnets de commandes sont (trop?) pleins en arrive à annoncer un plan de restructuration qui supprimera 10 000 emplois et verra la fermeture (revente si possible) de plusieurs sites.

Donc pour essayer de comprendre, je me questionne sur plusieurs aspects :

Airbus perd il de l'argent pour en arriver à supprimer des emplois ?
Oui,  Airbus aura perdu 572 millions d'euros en 2006 malgré des carnets de commandes pleins. Tout cela à priori est en grande partie dû aux retards de livraison de l'A380 (pénalités de retard + immobilisation des appareils pas terminés).

Comment se fait-il qu'Airbus accuse un tel retard (putain, 2 ans!) dans la livraison de cet avion ?
A cause de dysfonctionnement(s) au sein de la société, et d'une absence de coordination entre sites. A cause aussi de certaines incompréhensions entre ingénieurs et techniciens français et allemands. Bref, cette société serait mal gérée quoi.

Comment se peut-il que ce fleuron de l'industrie européenne (c'est ainsi qu'on parlai jusqu'à récemment d'Airbus) souffre de tels dysfonctionnements qui le pénalisent à ce point ?
Une structure inadaptée, une organisation bicéphale, des dissensions internes entre français et allemands. Voilà ce qu'on nous dit pour résumer.

Quelle est donc la structure au fait ? Comment cette société s'est-elle constituée ?
Airbus est donc le fruit d'un GIE (Groupement d'Intérêt Economique) c'est-à-dire d'un partenariat né en 1970 entre Aérospatiale et Deutsche Airbus. Sont ensuite entrés dans le GIE l'espagnol CASA et le britannique British Aerospace (qui s'est ensuite retiré en raison de désaccords importants).
Il a fallut ensuite fusionner Aérospatiale avec Matra (Lagardère) et Deutsche Airbus avec Daimler-Chrysler Aerospace, préalable à la création d'EADS (en juillet 2000) qui est la maison mère d'Airbus.
EADS est donc une structure détenue par des intérêts publics et privés dont l'exécutif a été confié aux actionnaires privés (Lagardère et Daimler-Chrysler) qui sont respectivement dans les médias et l'automobile, pas dans l'aéronautique.
De plus, les sociétés fusionnées ont gardé leurs structures respectives, ce qui semble à l'origine des dysfonctionnements actuels.

Résumons-nous :

Fusion d'entreprises publiques et privées en en laissant le contrôle aux opérateurs privés.

Pas de restructuration des entreprises fusionnées.

Actionnaires privés dont l'aéronautique n'est pas le coeur de métier et qui ont peut-être été plus intéressé par leurs propres activités respectives que par le destin d'EADS.

Ajoutons-y peut-être des dirigeants pas forcément toujours compétents (Cf. Forgeard dixit lui-même)

Projet (trop?) ambitieux de construction de l'A380 qui accuse un retard important.

Airbus dont les carnets de commandes sont pleins, qui est passé devant Boeing en nombre de commandes, annonce un plan de restructuration qui supprimera 10 000 emplois dans 4 pays.

Conclusion : Lorqu'une entreprise va mal, alors même qu'elle a manifestement été mal gérée, la variable d'ajustement est toujours la même : l'emploi.

Pas de logique industrielle dans le plan Power 8, pas de réelle réorganisation de l'entreprise, juste une logique financière.

A ce propos, les 2 actionnaires privés sous-entendent plus ou moins qu'ils seraient prêts à se désengager d'EADS...

Posté par kesjendi à - A vous de juger - Commentaires [0] - Permalien [#]

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