08 janvier 2008
N'y a-t-il pas énormément de contradictions dans cette photo ?
29 novembre 2007
Oublions l'environnement, militons pour le bon sens
Les français se prétendent collectivement préoccupés par l'environnement mais lorsqu'on se penche sur leurs comportements individuels la proportion de vertueux chute considérablement.
Nous sommes techniquement capables de construire des logements neutres énergétiquement (et même des immeubles qui produisent plus d'énergies qu'ils n'en consomment) au prix d'un sur-coût qui varie selon les technologies et les situations.
L'idée n'est absolument pas de construire systématiquement ce type de logement partout et tout le temps dans l'immédiat, mais à chaque fois de se poser la question en ces termes : pourquoi payer ce que l'on peut produire soit même ?
Ainsi, au lieu de perdre du temps et de l'énergie à essayer de convaincre que nos comportements ont une incidence sur l'état de la planète, nous allons désormais nous contenter de faire appel au bon sens financier de chacun.
Et vous verrez que sans avoir à argumenter des heures, les chiffres parlerons d'eux-mêmes.
Dites à quelqu'un qu'il(elle) peut économiser x% sur sa facture énergétique et vous aurez aussitôt son attention, vous ne militez plus mais parlez affaires.
A ce jour la prise de décision se fait sur la question suivante : en combien de temps le sur-coût est remboursé par les économies sur la facture énergétique.
Au fur et à mesure de la diffusion des différentes technologies, et puisque l'état dans la foulée de ses bonnes intentions actuelles mettra en place divers dispositifs de plus en plus incitatifs, le sur-coût ne pourra que baisser considérablement laissant place à une décision de bon sens sans nécessité de calcul.
Il deviendra logique pour tout le monde que, pour autant que cela soit possible, il est stupide de payer ce que l'on peut produire soi-même.
21 novembre 2007
En marge du show présidentiel
Alors que nombre d'entre vous déplorent que Nicolas Sarkozy n'a pas pris le temps d'aller régler personnellement le conflit des scénaristes de séries TV américaines, que d'autres encore plus nombreux pestent parce que leur bon vieux train de 7h28 ne circule pas comme d'habitude pour cause de grève, les négociations sur la réforme du marché du travail continuent à se dérouler dans un grand silence médiatique.
Le MEDEF semble déjà avoir acté la mort programmée du CNE puisqu'il réaffirme que tout licenciement doit faire l'objet d'une justification de l'employeur.
Pourtant la 9ème réunion a pris fin sur un constat de désaccords d'importance entre repésentants des travailleurs et du patronnat :
Le MEDEF souhaite l'allongement de la durée de la période d'essai entre 6 mois et un an pour un employé en CDI et jusqu'à un an pour un cadre.
Il réclame aussi la création d'un contrat de mission ou de projet (+ de 18 mois) qui ressemble étrangement à ce dont je parlais dans ce billet daté de janvier 2004.
Enfin, le patronat souhaite l'instauration d'une rupture de contrat à l'amiable entre employeur et salarié.
Les syndicats de travailleurs sont bien entendu pour l'instant fermement opposés à ces 3 propositions du MEDEF.
21 juin 2007
Le prix des choses, qu'elles soient importées ou non
Les chiffres dont je vais parler dans quelques lignes ne sont pas contestables puisqu'ils m'ont été communiqués par Laurence Parisot herself.
Elle ne me les a pas communiqué personnellement mais lors de sa conférence de presse mensuelle tenue ce 19 juin que j'ai pris la peine de regarder pour voir comment c'est intéressant ou pas.
Alors bon, un monologue d'une quarantaine de minutes avec forces chiffres pour expliquer qu'en fait ça va pas fort mais en fait pas si mal que ça, et surtout qu'elle elle sait comment ça pourrait aller mieux... Ben ça m'a pas passionné vous vous en doutez.
De tout ça j'ai retenu 3 données d'importance : entre 2000 et 2006, la consommation des ménages en produits manufacturés a augmenté de 19%. Dans le même temps la production en France de produits manufacturés a augmenté de 8% alors que les importations de ces produits augmentaient de 57%.
Je me suis alors demandé ce que j'avais moi-même consommé comme produits manufacturés importés durant cette période et pourquoi j'avais choisi le produit importé et pas le produit local :
écran plat importé car pas de fabricant français.
téléphone portable importé pour le modèle et la marque, rien à voir avec le prix.
ordinateur importé car de tout façon les pièces sont importées quelle que soit la marque.
matériels d'électroménagers divers ainsi que d'ameublement, là c'est surtout l'aspect pratique des uns et esthétique des autres qui a compté dans mon choix. Et dans tout ça je ne sais pas ce qui est importé ou pas, mais il doit y en avoir une bonne partie.
scooter d'une marque française récemment rachetée par un autre fabricant asiatique, du coup je ne sais pas s'il doit être qualifié de local ou importé.
Ainsi, pour ces achats de relative importance j'ai eu principalement des considérations techniques et/ou esthétiques en regard du prix que j'étais prêt à mettre.
En général je n'achète pas le moins cher, j'achète en fonction de mon budget et fait mon choix dans la gamme de prix que je me suis fixé.
Si aucun fabricant français ne commercialise le produit que je cherche à acquérir, qu'est-ce que j'y peux ?
Si dans la gamme de prix que je me suis fixé il y a un produit local je pourrais alors envisager de le privilégier s'il correspond aux contraintes techniques et/ou esthétiques que je me suis fixé. S'il ne remplit pas mes critères je ne l'achète pas, quelle que soit sa provenance.
Si les fabricants français sont absents de certains pans de la production manufacturée c'est soit parce qu'il n'y a pas de concurrence possible avec certains pays producteurs, soit parce que les fabricants français n'ont pas assez investi dans la recherche et l'innovation pour suivre le train (Cf écrans plats).
Dans ces 2 cas, une TVA sociale ne résoudra en rien le problème.
Si on baisse le coût du travail les fabricants pourront investir dans la recherche me diront certains. Oui, soit, mais dans ce cas la baisse ne sera pas intégralement répercutée dans une baisse du prix du produit hors taxe, donc au final le prix du produit local augmentera. Tout comme le produit importé.
07 mars 2007
Fiasco chez Airbus : Power 8 Vs Poors 10 000

J'essaie de comprendre ce qui se passe exactement chez Airbus, j'essaie de comprendre pourquoi une société dont les carnets de commandes sont (trop?) pleins en arrive à annoncer un plan de restructuration qui supprimera 10 000 emplois et verra la fermeture (revente si possible) de plusieurs sites.
Donc pour essayer de comprendre, je me questionne sur plusieurs aspects :
Airbus perd il de l'argent pour en arriver à supprimer des emplois ?
Oui, Airbus aura perdu 572 millions d'euros en 2006 malgré des carnets de commandes pleins. Tout cela à priori est en grande partie dû aux retards de livraison de l'A380 (pénalités de retard + immobilisation des appareils pas terminés).
Comment se fait-il qu'Airbus accuse un tel retard (putain, 2 ans!) dans la livraison de cet avion ?
A cause de dysfonctionnement(s) au sein de la société, et d'une absence de coordination entre sites. A cause aussi de certaines incompréhensions entre ingénieurs et techniciens français et allemands. Bref, cette société serait mal gérée quoi.
Comment se peut-il que ce fleuron de l'industrie européenne (c'est ainsi qu'on parlai jusqu'à récemment d'Airbus) souffre de tels dysfonctionnements qui le pénalisent à ce point ?
Une structure inadaptée, une organisation bicéphale, des dissensions internes entre français et allemands. Voilà ce qu'on nous dit pour résumer.
Quelle est donc la structure au fait ? Comment cette société s'est-elle constituée ?
Airbus est donc le fruit d'un GIE (Groupement d'Intérêt Economique) c'est-à-dire d'un partenariat né en 1970 entre Aérospatiale et Deutsche Airbus. Sont ensuite entrés dans le GIE l'espagnol CASA et le britannique British Aerospace (qui s'est ensuite retiré en raison de désaccords importants).
Il a fallut ensuite fusionner Aérospatiale avec Matra (Lagardère) et Deutsche Airbus avec Daimler-Chrysler Aerospace, préalable à la création d'EADS (en juillet 2000) qui est la maison mère d'Airbus.
EADS est donc une structure détenue par des intérêts publics et privés dont l'exécutif a été confié aux actionnaires privés (Lagardère et Daimler-Chrysler) qui sont respectivement dans les médias et l'automobile, pas dans l'aéronautique.
De plus, les sociétés fusionnées ont gardé leurs structures respectives, ce qui semble à l'origine des dysfonctionnements actuels.
Résumons-nous :
Fusion d'entreprises publiques et privées en en laissant le contrôle aux opérateurs privés.
Pas de restructuration des entreprises fusionnées.
Actionnaires privés dont l'aéronautique n'est pas le coeur de métier et qui ont peut-être été plus intéressé par leurs propres activités respectives que par le destin d'EADS.
Ajoutons-y peut-être des dirigeants pas forcément toujours compétents (Cf. Forgeard dixit lui-même)
Projet (trop?) ambitieux de construction de l'A380 qui accuse un retard important.
Airbus dont les carnets de commandes sont pleins, qui est passé devant Boeing en nombre de commandes, annonce un plan de restructuration qui supprimera 10 000 emplois dans 4 pays.
Conclusion : Lorqu'une entreprise va mal, alors même qu'elle a manifestement été mal gérée, la variable d'ajustement est toujours la même : l'emploi.
Pas de logique industrielle dans le plan Power 8, pas de réelle réorganisation de l'entreprise, juste une logique financière.
A ce propos, les 2 actionnaires privés sous-entendent plus ou moins qu'ils seraient prêts à se désengager d'EADS...
13 février 2007
Corps électoral et sondage(s)
Malgré l'élan "massif" d'inscriptions sur les listes électorales dont les médias nous ont parlé durant le mois de décembre 2006, les différents sondages qui se succèdent ne nous éclairent pas sur ce que cet afflux de nouveaux inscrits changera (ou pas) au scrutin qui se prépare.
Le pourraient-ils d'ailleurs ?
Car en effet, qui sont-ils ces nouveaux inscrits ? Et combien ?
Ne font-ils qu'accroître le corps électoral en nombre, ou alors en modifient-ils la structure même ?
Ça, les instituts de sondage quels qu'ils soient ne le savent pas (pas encore), et ils se gardent bien de nous le dire.
Mais alors, comment donc prétendre rendre compte de façon exhaustive des intentions de vote à une élection, alors même que les panels qu'ont utilise pour les sondages ne le sont pas (du moins n'en sommes nous pas sur) ?
Et si l'on ne prétend pas être si proche de la réalité que cela (ce sont les précautions que prennent les sondeurs au moment où sont publiées leurs enquêtes), dans ce cas à quoi nous sert de connaître des données qu'on soupçonne d'être distordues ? A indiquer une tendance ?
Une constante pourtant dans les différents chiffres qui nous sont soumis régulièrement, c'est qu'environ 1/4 des sondés (parfois plus, parfois moins) déclare que soit il(elle) ne votera pas, soit votera blanc ou nul.
Plus que l'évolution de semaine en semaine des intentions de votes pour tel(le) ou tel(le), c'est LA donnée importante à mes yeux : il y aurait de nombreux nouveaux inscrits, et malgré tout, à peu de chose près la même proportion d'abstentionnistes et de suffrages non exprimés.
26 janvier 2007
Tentation(s) d'ailleurs
Le recours à l'exemple de ce qui se fait à l'étranger pour argumenter en faveur d'une idée ou une mesure, est (devenu?) très fréquent chez les politiques.
Ainsi, l'exemplaire "modèle nordique" est-il brandi régulièrement par les un(e)s ou les autres pour illustrer les questions sociales et dont nous devrions nous inspirer, voire vers lequel nous serions tenu d'aller.
De même concernant l'emploi et le chômage, mais là l'exemple n'est plus nordique mais anglo-saxon.
En terme de fiscalité(s), c'est le contre-exemple qui prévaut : nulle part ailleurs on ne serait aussi taxé qu'en france.
Idem pour le temps de travail, c'est ici qu'on travaillerai le moins.
Bref, tout sujet ou presque est désormais prétexte à l'illustration par ce qui se fait ailleurs.
Sans préjuger de la pertinence des modèles évoqués, ni même de l'exactitude des comparaisons compartiment par compartiment qui sont faites, je déplore l'incomplétude du raisonnement : comparons ce qui est comparable et surtout dans la globalité et non pas seulement point par point.
Bien sur que, pris indépendemment les uns des autres, chaque compartiment de notre organisation peut trouver ailleurs une (ou plusieurs) version plus efficiente.
Cela est vrai pour le taux chômage, cela est vrai pour les exportations, cela est vrai pour la mortalité, c'est vrai également pour la balance commerciale, ...etc.
Mais qu'en est-il lorsqu'on prend en considération tous ces compartiments en même temps ? Et bien là, l'exemple isolé de son contexte perd de sa pertinence, de sa vigueur illustratrice de ce qui devrait ou ne devrait pas se faire.
Restons bien entendu au fait de ce qui se fait autour de nous, partout dans le monde, mais de grâce cessons d'illustrer tout et n'importe quoi avec l'exemple de ce qui se fait ailleurs...
17 janvier 2007
Les 577
Pour qui a un peu de temps à perdre, il suffit de regarder les retransmissions des débats parlementaires pour voir ce qu'est notre représentation nationale.
Lorsqu'ils sont présents, les 577 élus sont tour à tour endormis, plongés dans leurs lectures, inactifs, irrespectueux, indisciplinés, véhéments, injurieux, vindicatifs, et j'en passe. Sifflements, cris et insultes ne sont pas rares au sein de l'hémicycle.
Pourtant entre eux se discutent (se débattent devrais-je dire) parfois les orientations capitales d'une législature.
Mais l'intérêt général pèse bien peu face aux inimitiés personnelles et politiques, face aux tendances partisanes.
Ceci dit, même lorsqu'on arrive à entendre quelques bribes dans ce chahut permanent, la rituelle séance de questions/réponses a raison de l'intérêt minime qu'on pouvait de prime abord y porter.
Le mode de scrutin va bien entendu à l'encontre de la soi-disant représentativité du parlement, mais cela est d'autant plus regrettable que le(s) comportement(s) incivique(s) des 577 dans cette espace privilégié de la république n'a(ont) rien pour les réconcilier un tant soit peu avec le peuple qui les a élus.
16 janvier 2007
Le PS est-il (devenu) schizophrène ?
Trois voix (voies ?) au moins qui diffèrent sur plusieurs sujet, pas facile de comprendre s’il s’agit de petits cafouillages ou d’une sorte de stratégie de campagne, d’une habile répartition des tâches.
Le premier secrétaire, François Hollande, énonce un point du programme, celui qui a été entériné par tou(te)s, pour tester comment il sera reçu par l’opinion, par les électeurs.
On attend ensuite les réactions, les éventuelles salves, et en fonction monte au créneau un des portes parole de la candidate qui corrige le propos, le tempère, voire le rejette, mais surtout réoriente ledit propos vers la candidate, celle qui a été choisie.
Ladite candidate qui ensuite, ou dans la même temps, en dit le moins possible, ne se mouille surtout pas, se contentant de grandes orientations qui n’engagent personne et répète sans cesse qu’elle est à l’écoute et que le moment venu elle tranchera.
Au PS on planche dans le même temps bien sur à la correction/suppression de ces propositions mal perçues ou mal accueillies.
Ce qui permettra le moment venu (celui où son programme à elle deviendra public) à Ségolène Royal de dire, vous voyez je vous ai écoutés, certains points de notre programme ne vous ont pas plus, je les ai modifiés.
Bref, quoiqu’il en soit, qu’il s’agisse de malencontreux couacs et autres cafouillages ou bien d’une répartition des tâches finement étudiée, cette schizophrénie n’en rend pas moins les orientations et le message du PS et de sa candidate difficilement intelligibles.
De plus, le message, si réel message il y a, est en quelque sorte brouillé par cette nouvelle dialectique utilisée par la candidate, qui loin de clarifier le propos l’altère, le mythifie, lui ôte de l’idéologie.
Que penser d’un : « La France est en mouvement (…) ensemble nous allons gravir la montage (…) et conquérir la bravitude » ?
09 janvier 2007
Espace(s) médiatique(s)
En ce début d'année, la vedette médiatique est fort logiquement le président de la république dans l'habituelle tournée de voeux à tou(te)s ou presque. Sans présumer de ses intentions futures, force est de constater qu'il a au moins des velléités de continuer à occuper l'espace médiatique, faisant ce qu'il faut pour capter l'attention en distillant chaque jour rappels à l'ordre aux ministres en exercice, piques plus ou moins ciblées et même orientation(s) politique(s) future(s).
Doit-on y voir une volonté d'être présent dans la campagne présidentielle, qu'il décide de se présenter ou pas ?
La campagne officielle n'a d'ailleurs pas encore commencé, et pourtant le tandem Ségo-Sarko éclipse déjà quasiment les autres candidat(e)s dans les médias. Si ce n'est pas eux, ce sont leurs partisan(e)s qui "occupent" l'espace médiatique.
Les autres candidat(e)s ont-ils une chance d'y exister plus que quelques secondes ?
Le CSA met d'ailleurs en garde les "grandes" chaines sur cette bipolarisation de leur(s) antenne(s), donnant en cela raison en partie à la récente charge de François Bayrou contre TF1.
Pourtant en ce moment, pas grand chose de plus à voir et/ou écouter que les péripéties de Ségolène Royal à l'étranger (chacun attendant, voire cherchant la bourde) ou alors les déclarations de soutien ou de non soutien à Nicolas Sarkozy (chacun y cherchant des indices des intentions de Jacques Chirac)...
Bref, dans le vide de cette campagne qui n'est pas encore entamée l'omniprésence du tandem "bipolaire" finira-t-elle pas lasser ?
